À moins de 24h des négociations, la polémique autour de Terminator s’intensifie
Karine Peschard
Quarta-Feira, 22 de Março de 2006
Durement critiquée au cours des derniers jours - pour son attitude intransigeante en général, et pour son appui a Terminator en particulier - la Nouvelle Zélande est de toute évidence sur la défensive. En conférence de presse hier, le ministre de l’environnement de la Nouvelle Zélande, David Benson-Pope, a été jusqu'à nier l’existence d’un moratoire international sur Terminator. La Décision V/5 est pourtant reconnue mondialement comme un moratoire de facto; seule une poignée de pays, parmi les plus ardents défenseurs de Terminator, se refusent a le reconnaître. Le ministre a réitéré que le gouvernement de Nouvelle Zélande appuie l’approche « d’évaluation des risques au cas par cas ». Et d’ajouter, assez incroyablement : « S’il existait, par exemple, une technologie qui permette de garantir la stérilité de notre population d’opossums, la population de la Nouvelle Zélande ne s’attendrait-elle pas a ce que nous envisagions au moins cette possibilité? ». Doit-on conclure que la Nouvelle Zélande est en faveur de l’évaluation des risques au cas par cas pour la stérilisation génétique des animaux?!?
D’autres pays font heureusement preuve de plus de bon sens. Au lendemain d’une rencontre avec les ONG et mouvements sociaux brésiliens, la délégation brésilienne a fait savoir qu’elle appuyait le maintien du moratoire. Dans un communiqué de presse conjoint des ministères des Affaires étrangères et de l’Environnement, le Brésil affirme que le texte proposé à Granada (c.-à-d. l’évaluation des risques au cas par cas) porte à confusion, et que les essais doivent être confinés aux laboratoires étant donné les risques que posent les TRURG pour la santé et l’environnement.
Nouveau développement concernant les cultures illégales de soya transgénique par la compagnie Syngenta dans l’ouest du Paraná, occupées depuis le 14 mars par des militants de la Via Campesina : La compagnie Syngenta Seeds s’est vue imposée une amende de 1 million de Reais (environ 500 000$) aujourd’hui par l’Institut brésilien de l’environnement et des ressources naturelles renouvelables (IBAMA), pour avoir cultivé du soya transgénique dans une zone de protection écologique en contravention de la Loi nationale sur la biosécurité. IBAMA a indiqué que le soya transgénique cultivé illégalement serait détruit afin d’éviter toute contamination.
En terminant, le gouverneur du Paraná Roberto Requião, qui s’est fait le champion de la lutte contre les semences transgéniques, a signé aujourd’hui un décret sur l’étiquetage des produits transgéniques. Ce décret rend obligatoire l’étiquetage des aliments qui contiennent des organismes modifiés génétiquement et qui sont destinés à la consommation humaine ou animale. La signature du décret s’est fait en présence du ministre fédéral de l’environnement et d’une centaine de militants de la Via Campesina.
Pendant ce temps, à l’extérieur du centre de convention, la journée d’action contre Terminator a été marquée par une manifestation de la Via Campesina (voir photos ci-dessous). La mobilisation a gagné l’intérieur du centre de convention aujourd’hui avec une action menée par les femmes de la Via Campesina lors d’une session du groupe de travail sur la biodiversité agricole. Portant fichu, slogans et chandelles, elles ont formé une chaîne humaine autour de la salle et forcé une pause dans les débats par leur présence silencieuse et pleine de dignité. Elles ont quitté la salle en chantant, sous les applaudissements de la salle, après que le président de la séance ait reconnu qu’il s’agissait « d’une manifestation sincère pour laquelle beaucoup d’entre nous éprouvons de la sympathie, et qui nous rappelle que nous sommes citoyens du monde et non seulement de pays ».
C’est demain que les TRURG seront abordé dans le cadre du groupe de travail sur la biodiversité agricole…